Après quelques films qui m'ont plutôt plu, voilà le film où je suis fait chier royalement.
"I'm not there" de Todd Haynes.
What's that ? Le film sur Bob Dylan ! Ah bon !!!
Réalisateur américain qui sortit son premier film en 1991, "Poison" ; puis "Safe" (1995) (avec Julianne Moore, son actrice fétiche) ; "Velvet Goldmine" (en 1998, sur le mouvement glam-rock, avec une fausse biopic sur un mélange de Lou Reed et de David Bowie) ; puis un hommage aux mélodrames de Douglas Sirk avec "Loin du Paradis" en 2002 (qui est passé récemment sur Arte) et pour finir "Palindrome" en 2004.
Ayant vu tous ces films, et les ayant plutôt appréciés, j'y allais en confiance même si je ne savais pas trop ce que j'allais voir.
J'avoue ; monsieur le juge, mesdames et messieurs du ministère public et vous chère jury ; j'ai pas compris l'intérêt du film et je me suis ennuyé ferme pendant les 2h15 du long (houla, qu'il est long !!!) métrage.
L'histoire : le film parle de Bob Dylan sans le nommer, il raconte sa vie en la disséquant sur divers personnalités (donc plusieurs acteurs). Une nuance, il y a la volonté de fantasmer sur cette vie : d'où des raccourcis, des fantasmagories.
Les six "Bob Dylan" de I'm not there, six facettes de celui qui s'appelle en réalité Robert Zimmerman, six Dylan fantasmés, sont les suivants :
Woody, enfant noir joué par le tout jeune Marcus Carl Franklin, un personnage qui fait référence à Woody Guthrie, folksinger qui inspira Bob Dylan
Arthur, un poète qui rappelle Rimbaud (Ben Whishaw vu dans "le Parfum")
Robbie, un acteur new-yorkais, c'est un Dylan plus intime qui est ici présenté (Heath Ledger), notamment dans ses relations avec Suze et Sarah (des femmes qui ont inspiré le personnage de Claire, joué par Charlotte Gainsbourg)
Jack, un chanteur folk contestataire qui deviendra le Pasteur John et se passionnera pour le gospel (un double rôle tenu par Christian Bale)
Jude, chanteur admiré mais aussi controversé, androgyne, provocateur (Cate Blanchett)
Billy, homme solitaire représentant le hors-la-loi Billy le Kid qui aurait survécu... Richard Gere campe ce personnage qui se réfère à Pat Garrett et Billy le Kid, western de Sam Peckinpah dans lequel a joué Bob Dylan.
Todd avait utilisé la même technique sur son film précédent "Palindrome" avec plusieurs acteurs incarnant le même personnage : je trouvais ça plus convainquant même si parfois artificiel.
Pour ce nouveau film, connaître la vie de Dylan doit aider (je ne voyais pas trop le rapport avec Billy le Kid ; maintenant si, mais bon quel intérêt ?).
J'ai pas trop été enchanté par cette technique : hormis quelques passages, je trouve ça tout autant artificiel que nébuleux.
On comprend bien que chacun est plusieurs, qu'on vit plusieurs vies, qu'on a divers looks dans nos vies : il fallait un film pour ça…
La vie de Bob Dylan vaut –elle l'intérêt ? Je ne connais pas assez celle-ci, je ne suis pas un fan absolu de son œuvre, j'espérais peut-être en apprendre un peu plus. C'est le cas mais dans un contexte "explosé" ; aussi, je suis passé à côté.
Pour moi, l'intérêt du film, s'il ne se trouve ni dans le scénario, ni dans l'idée de la mise en scène, il y a les acteurs, en particulier la performance de Cate Blanchett, assez exceptionnelle (elle arrive à être autre chose même si on sait que c'est elle) et celle de Christian Bale (le nouveau Batman qui va revenir en 2008) en précheur halluciné.
Mais voilà, j'attendais mieux ; autres choses…
Si vous aimez Bob Dylan, si vous connaissez sa vie, son œuvre…
Un film curieux qui ne m'a pas convaincu.
A vous de voir !
Bon film !!